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& Décentralisation
Alliance
& Centre de Doc
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du SCAC
La
Région de Kayes
|
1
- POURQUOI ET POUR QUEL PUBLIC
?
Sa mise en place est une conséquence indirecte de
la procédure de réinsertion. Plusieurs
personnes désireuses de monter des projets
privés sont venus solliciter la Cellule en arguant -
outre le " besoin" intrinsèque de
générer des revenus - que les migrants avaient
de la chance de pouvoir bénéficier de
subventions pour se réinsérer alors qu'eux,
qui n'étaient jamais partis, possédaient
encore moins. La doléance n'étant pas sans
fondement et dans le souci de ne pas particulariser les
migrants de manière outrancière, la Cellule a
recherché une solution mieux adaptée aux
conditions locales et aux diverses contraintes
financières. Par ailleurs, si les programmes de
micro-crédits (inférieurs à 1 MFcfa
avec un mode établi autour des 100 000 Fcfa)
commencent à se multiplier, la tranche du
"mini-crédit (entre 1 et 3 MFcfa)" n'est prise en
charge par aucun bailleur. Ces deux raisons ont fait opter
pour ce type d'intervention.
2
- CADRAGE ET MECANISMES
a
- Quelques constats de départ
:
- dans
aucun pays, on ne peut monter une activité
économique d'une certaine envergure sans l'appui
d'une structure financière.
- au Mali,
les promoteurs privés (autre que les gros
commerçants) et les banques ne se croisent jamais,
faute de confiance. Les premiers n'osent pas franchir les
portes vitrées des salles climatisées pour
entendre - de surcroît - des conditions de
crédit totalement rédhibitoires et les
seconds n'osent plus faire crédit à des
personnes peu solvables et peu promptes à
rembourser. Il en résulte un cercle vicieux, les
banques exigeant des garanties et des taux de
remboursement à la hauteur de leur crainte,
souvent fondées, pénalisant de la sorte les
" bon payeurs potentiels " qui n'essaient même plus
d'aller vers les banques.
- par
ailleurs, les banques ne se donnent ni le temps ni les
moyens d'identifier des bons projets.
- les
micro projets (inférieurs à 500 000 Fcfa),
souvent développés sous forme de caisses
d'épargne crédit, ne peuvent pas changer
d'échelle et ne génèrent pas
suffisamment de valeur ajoutée pour faire vivre
d'autres personnes que leur promoteur (et encore). Ces
micro projets rencontrent des difficultés à
produire de la valeur ajoutée (lorsque c'est leur
objectif) et jouent plus un rôle de redistribution
des richesses au sein d'une population donnée. Or,
le Mali souffre de l'absence d'un secteur secondaire
dynamique.
- Aucun
bailleur ne s'intéresse aux mini-projets en raison
d'un investissement par personne jugé trop
élevé.
b -
Quelques solutions
:
- pour
convaincre une banque de la validité d'un projet,
il faut le lui amener "sur un plateau". C'est l'objet de
l'étude préalable.
- pour ne
pas pénaliser un projet avec des conditions
bancaires inacceptables, il faut épauler le
promoteur. C'est la raison du fonds de garantie qui "
soulage " la banque.
- pour
rassurer la banque que les remboursements se feront bien
et pour minimiser les frais de gestion &endash;
augmentateur de taux d'intérêt &endash; on
encadre le promoteur pendant une grande partie de son
projet.
- les
mini-projets (500 000 à 3 000 000 Fcfa) peuvent
devenir, pour les plus dynamiques,
générateur d'emplois et de revenus
réinjectables, constituant ainsi une porte
d'entrée vers un niveau d'activité
supérieur conduisant à un changement
d'échelle.
Une enveloppe de 60 MFcfa
(en 3 tranches de 20 MFCfa) est déposée sur un compte à
la BOA
de Kayes (qu'il faut féliciter au passage pour sa confiance et
sa disponibilité), via une subvention faite à Guamina.
Ce compte (FASPK)
&endash; sorte de pot commun initial &endash; est rémunéré
afin d'augmenter le capital disponible pour les crédits. Pour chaque
dossier accepté par la banque, un compte bloqué rémunéré
est ouvert au nom du promoteur et alimenté par le FASPK d'un montant
égal au fonds de garantie calculé pour le projet. S'il s'agit
d'une création d'activité, le pourcentage est de 70% de
l'emprunt et dans le cas d'un renforcement, il tombe à 60%. La
banque prend donc de 30 à 40% de risque, ce qui est assez satisfaisant.
Si le promoteur rembourse
l'entièreté de son emprunt selon l'échéancier
fixé, le fonds de garantie lui appartient mais reste bloqué
10 ans à la banque. Pendant cette période, le promoteur
peut réutiliser cette somme en tant que fonds de garantie pour
élargir son projet, autant de fois qu'il le veut. Sinon &endash;
et de toute manière &endash; l'argent " travaille " pendant les
10 ans et est reversé au promoteur comme fonds de retraite selon
des modalités que nous devons encore fixer précisément.
La période de 10 ans a été choisie pour entrer en
cohérence avec le temps minimal de cotisation INPS
nécessaire à un salarié pour toucher une retraite.
Quant à la notion même de retraite, elle a été
choisie pour compenser l'absence d'un tel outil dans le secteur " informel
".
Si le
promoteur ne rembourse pas, le fonds de garantie entre en
jeu pour ce qu'il reste à rembourser à hauteur
du pourcentage initial (60 ou 70%). Le reste éventuel
(en cas d'un remboursement partiel du promoteur), est
reversé dans le " pot commun ". Le graphe ci-dessous
expose le fonctionnement du dispositif.
Ce principe de fonctionnement
a soulevé des critiques quant à sa pérennité.
Effectivement, lorsque le FASPK sera réparti entre tous les projets
financés, la procédure s'arrêtera. En fait, l'obligation
de subvention à partir du FAC
contraignait à
attribuer définitivement les sommes engagées et il a été
choisi de le faire au profit du promoteur lui-même (l'autre alternative
était Guamina, ce qui ne semblait pas une bonne solution) afin
de pérenniser les projets plutôt que l'outil de leur mise
en uvre. Maintenir au niveau du promoteur un fonds de garantie mobilisable
auprès d'une banque dont la confiance a été gagnée,
représente une solution intéressante pour permettre d'augmenter
le capital d'une entreprise et atteindre ce fameux changement d'échelle
indispensable à la création d'une dynamique de secteur.
La Cellule pense que ce " coup de pouce " est encore indispensable au
Mali pour impliquer des banques encore " frileuses ". Pérenniser
l'outil aurait permis de multiplier le nombre de micro-entreprises de
dimension égale mais dont la densification n'est pas à terme
un gage " d'accrétion ". Par ailleurs, n'autoriser l'emploi du
fonds de garantie que pour renforcer l'activité déjà
lancée (il n'est pas sûr que la banque accepterait de le
mobiliser pour un autre projet non étudié), incitera peut-être
certains promoteurs à ne pas céder &endash; version urbaine
de l'extensification paysanne pour minimiser les risques &endash; à
la stratégie de diversification des revenus provenant d'activités
de même taille et correspondant à une protection contre des
services et une société " prédateurs " ayant un il
sur " tout ce qui dépasse ".
3
- QUELQUES RESULTATS
Le programme est fonctionnel depuis environ une
année. Après une première série
de projets (8 retenus sur plus de 80 déposés),
il a été jugé préférzble
d'attendre de voir comment évoluaient les
remboursements et la prestation de Guamina avant de proposer
de nouveaux dossiers à la BOA. Le tableau ci-dessous
décrit les projets acceptés :
|
Projet
|
Type
|
Emprunt
total fait à la BOA
|
Apport
personnel
|
Garantie
du FASPK
|
Mensualités
|
|
- Atelier mouture -
Kayes ville
|
R
|
570
000
|
65
000
|
342
000
|
16
|
|
- Magasin de
céréales - Kayes ville
|
R
|
2 800 000
|
311 000
|
1 680 000
|
26
|
|
- Cabinet de soins
médicaux - Tabakoto
(Kéniéba)
|
R
|
2 800 000
|
353 855
|
1 680 000
|
24
|
|
- Unité
transformation céréales - Kayes ville
|
R
|
3 000 000
|
380 000
|
2 100 000
|
30
|
|
- Commerce
d'aliment bétail - Kayes ville
|
C
|
3 000 000
|
564 000
|
1 800 000
|
32
|
|
-
Dépôt de boissons -
Kéniéba ville
|
R
|
3 000 000
|
2 680 450
|
1 800 000
|
23
|
|
- Commerce
d'arachide et de poisson fumé -
Kayes
|
R
|
3 000 000
|
825 000
|
1 800 000
|
24
|
|
- Mini-laiterie -
Yaourterie - Kayes ville
|
C
|
3 000 000
|
1 250 000
|
2 100 000
|
36
|
Chiffres en fcfa. R=renforcement.
C=création
Actuellement, cinq projets
fonctionnent normalement et les promoteurs remboursent. Deux d'entre eux
(laiterie et unité de transfo) ont particulièrement souffert
pendant cette saison 2000 des incompétences chroniques de l'EDM
dont ils dépendent fortement. Un nouvel échéancier
leur sera proposé dans la mesure où leur projet est particulièrement
porteur dans des conditions de fonctionnement normal. Enfin, l'un des
projets a échoué dans la mesure où son promoteur
(Siamane SY, ancien migrant réinséré) a préféré
dépenser son emprunt au casino de Kayes! Le fonds de garantie sera
mobilsé et des poursuites vont être engagées...
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