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1.
UNE SYNERGIE INDISSOCIABLE
La Coopération Franco-Malienne
a décidé de fortement s'investir dans ces deux démarches
complémentaires. A travers le Programme d'Appui au Développement
Régional de Kayes (PADRK),
elle prend ainsi totalement en charge les structures d'appui aux communes
- les Centres de Conseils Communaux ou "CCC"
- dans 4 Cercles : Bafoulabé, Kayes, Kéniéba et Yélimané.
Elle intervient également en co-financement des CCC (60%) avec
Essonne
Sahel (coopération
décentralisée) dans les Cercles de Nioro et Diéma.
De même, la collaboration entre opérateurs locaux s'est cristallisée
autour d'une Charte de Collaboration signée par tous et le PADRK
prend en charge le secrétariat permanent pendant les deux années
à venir (2001/2002), sous couvert du CIDS. 2.
LE DISPOSITIF : UNE ARTICULATION ENTRE DEVELOPPEMENT LOCAL
ET DEVELOPPEMENT COMMUNAL
1
- La Région de Kayes : un environnement
difficile Les Cercles
extérieurs vont de la frontière
Mauritanienne à la frontière
Guinéenne tout en longeant celle du
Sénégal. Ils regroupent à eux
quatre toutes les caractéristiques de la
Première Région dont ils
représentent plus de 50% (65 000 km2). Sans
entrer dans les détails de chaque Cercle qui
figurent dans les plans de redéploiement
respectifs, les grands traits de l'environnement et
des difficultés de la zone sont les suivants
: 2
- Les opérateurs de la Région :
forces et faiblesses L'une des
conséquences principales des
difficultés présentées
ci-dessus réside dans la quasi absence
d'opérateurs intervenant à Kayes et,
si ce n'est l'intérêt suscité
par cette Région depuis 1995
(Coopération Française,
Nord
Pas de Calais)
qui a permis l'émergence de plusieurs
structures de développement
(CIDS,
AVRL,
ADR,
Pacte
), il n'en existerait pas plus de deux
ou trois réellement fonctionnelles
aujourd'hui. Toutefois, cette période
"dynamisante" atteignant désormais une
certaine vitesse de croisière, on constate
que Kayes demeure encore aujourd'hui une
Région qui n'attire pas. Le cercle vicieux
"région difficile => pas
d'opérateurs => peu d'actions de
développement => région de plus en
plus difficile" n'est pas encore réellement
brisé. D'un autre
côté, le faible nombre des
opérateurs permet à chacun
d'évoluer dans un environnement rarement
concurrentiel qui - s'il révèle
parfois une méconnaissance de l'autre et
peut provoquer une situation de monopole peu
motivante - ne conduit jamais à la mauvaise
volonté de compenser cette lacune.
D'ailleurs, aujourd'hui, toutes les structures se
connaissent et savent - au moins globalement - ce
que font les autres. Ainsi, partant : certaines
structures de développement de la
Région ont décidé de se
regrouper et d'unir leurs efforts. II
- UN CADRE DE CONCERTATION SUR FOND DE
DECENTRALISATION Depuis longtemps,
des efforts de concertation ont été
faits dans la zone pour tenter de mettre en
cohérence les actions de chacun.
Hélas, aucun n'a pu aboutir et dans ces
divers échecs plusieurs causes possibles
apparaissent, par ordre d'importance : C'est pourtant grâce à
l'Etat malien qui a eu la volonté de mettre en uvre
et de faire aboutir ce processus de décentralisation que
les obstacles ci-dessus se sont progressivement levés. Le
catalyseur fut le diagnostic communal. Avant même la
mise en place des Communes - mais sachant que celle-ci était
proche - plusieurs structures (PADRK,
GRDR,
OMRI,
AVRL,
PGRN
)
ont commencé à réaliser des diagnostics communaux
de manière dispersée, avec leur propre logique et
dans le cadre de leurs activités spécifiques. Mais,
en raison des nombreux échanges, il est rapidement apparu
le besoin d'harmoniser les outils utilisés et lors d'une
réunion qui s'est tenue au PADRK en octobre 1999, l'idée
a été lancée d'élaborer une sorte de
"Charte de Collaboration" fixant non seulement des objectifs communs
mais également une déontologie respectée par
tous. 2
- Principes et fonctionnement Le statut de ces opérateurs
ne constitue pas un obstacle puisqu'on y rencontre des ONG,
des associations, un programme, un bureau privé. La couverture
géographique de la charte correspond
à celle du PADRK et, en amont, de celle
préférentielle de la Cellule
Migration Développement (représentant
la Coopération Française à
Kayes). En ce qui concerne
le secrétaire permanent, ses missions ont
été définies de la
manière suivante et ont été
précisées et ratifiées par
l'ensemble des adhérents le 19 juillet 2000
: Il sera
assuré par le CIDS, bureau d'étude
privé (retenu par ailleurs pour le CCC de
Kita), sur financement du PADRK dans un premier
temps. Toutefois, dès maintenant, il est
demandé à chaque structure d'y
contribuer matériellement afin de faciliter
le travail de cette personne (une partie de la
logistique, de la bureautique
) et de
réfléchir à la manière
de mobiliser, à terme, les ressources
financières nécessaires à
l'autononomisation de ce poste. Pour ce faire, il
est demandé d'intégrer cette fonction
de concertation comme une ligne à part
entière, voire prioritaire, dans les budgets
de chaque programme. A négocier avec chaque
bailleur respectif, sachant que ces derniers ont
tout intérêt à adhérer
au principe que la concertation ne sera efficace et
effective que lorsque chacun la considérera
comme l'activité numéro 1 de son
intervention. III
- L'EMERGENCE DES CCC PARMI LE GROUPE DE
CONCERTATION 1
- Un distingo important : développement
local et développement
communal Parallèlement
au groupe de concertation, les CCC se mettaient
progressivement en place. La question fondamentale
était de bien positionner chacune des deux
structures en fonction de ses attributions afin de
soutenir une dynamique complémentaire et non
interférente négativement. Il a donc
fallu rechercher la meilleure articulation possible
entre une coordination des appuis aux initiatives
de base que la plupart des structures fournissent
depuis longtemps et continueront à fournir
demain - approche participative classique,
développement local - et une coordination
des appuis à la décentralisation -
développement communal - qui correspond
à un "nouveau métier". La charte de
collaboration répond essentiellement
à un besoin de concertation exprimé
par des structures agissant dans le premier type
d'appui. Les CCC, correspondent au
second. Les CCC ont donc
émergé en repondant à deux
principes. Le premier, politique, consistait
à répondre à l'appel de l'Etat
malien dans son choix d'organiser et d'administrer
nouvellement son territoire. Le deuxième,
technique, revenait à mettre en place des
structures compétentes répondant aux
spécificités nouvelles de ce choix
politique. La charte "propose"
en quelque sorte que des structures de son groupe
assurent la conduite de ce nouveau métier
(appui au développement communal) tout en
gardant une vocation plus large couvrant tous les
domaines, en poursuivant la réflexion sur
des outils méthodologiques et
thématiques et en restant vigilant en terme
d'harmonisation des diverses actions de chacun des
adhérents. Cet axe triple est l'expression,
à une échelle supérieure, du
mode de fonctionnement du PADRK: Ce parallèle
se traduit par la prise en charge du dispositif CCC
pour les quatre Cercles en même temps que du
secrétariat permanent de la
charte. 2
- Le choix des structures hébergeant les
CCC Tout naturellement,
le groupe de collaboration a recherché en
son sein quelles étaient les structures les
plus à même de remplir le rôle
de CCC dans chaque Cercle. Le tableau joint en
annexe fait apparaître les compétences
identifiées chez chaque opérateur et
démontre que ceux qui intervenaient le plus
dans des domaines correspondant à des
missions CCC se sont retrouvés à
postuler pour jouer ce rôle. Le choix s'est
fait d'un commun accord et a été
présenté de manière
concertée, et le PADRK, dont l'une des
vocations correspond sensiblement à celle
d'un CCC avant l'heure et dont les moyens
importants le permettent, a été
validé comme CCC principal. Pour les trois
autres Cercles, les choix se sont traduits comme
suit : A
Kéniéba,
Cercle difficile d'accès avec des
populations peu informées , l'AVRL
agit depuis 1996. C'est la seule ONG
réellement active dans la zone. Plusieurs
arguments justifient ce choix. A
Bafoulabé,
autre Cercle particulièrement enclavé
et délaissé, l'AIDeB
s'imposait également comme le meilleur choix
en raison : A
Yélimané,
l'OMRI
a été identifié comme la seule
structure pouvant raisonnablement héberger
le CCC. En effet, A Nioro
et Diéma, l'opérateur
retenu est l'Agence KARED
qui a d'ailleurs demandé en juillet 2000 son adhésion
à la Charte. Sur demande de la DNCT,
le PADRK va participer financièrement à la mise en
oeuvre des CCC en collaboration avec Essone
Sahel (jumelage français
impliqué dans la zone depuis longtemps) et à hauteur
d'environ 60% du coût total. Cette mise en
uvre commune et concertée des CCC
constitue en fait le premier résultat
tangible de la charte, avant même sa
ratificiation officielle. 3
- La spécificité du "groupe des
quatre" : la mobilité et
l'interconnexion L'organisation
déjà bien établie des quatre
CCC de Kayes Ouest prévoit une
mobilité importante des compétences,
non seulement dans le cadre des appuis communaux
mais aussi - nous l'avons vu pour la charte - pour
n'importe quelle type d'action. A ce titre et dans
le cas des CCC, le PADRK a embauché un
"agent volant", basé à Kayes,
mais pouvant prêter main forte à
n'importe quel CCC à des moments où
le besoin se fait sentir. Cette mobilité
peut s'exprimer de deux manières
différentes. Soit l'agent vient "en
surnombre" en cas de surcharge de travail pontuelle
d'un CCC donné, soit il vient en
remplacement d'un agent CCC qui doit lui-même
se déplacer pour répondre à
une demande venant d'un autre Cercle et concernant
un domaine de compétence particulier qu'il
possèderait. Ceci implique que cet agent
volant possède une base déjà
solide et un bon potentiel d'évolution car
il pourra intervenir tant sur de l'animation
villageoise que sur un travail plus
"sédentaire". Il suivra donc certainement
des formations supplémentaires. Cette
mobilité, tant à l'intérieur
des CCC que dans le cadre global de la charte
constitue l'une des réponses que le groupe
de collaboration a pu trouver pour pallier les
lacunes parfois inévitables observées
au sein des structures des quatre Cercles et
liées à la faiblesse du nombre des
opérateurs. De cette manière, il
n'est pas nécessaire de renforcer
exagérément les compétences
d'un structure ou, plus difficilement encore, de
multiplier les implantations de nouveaux
opérateurs dans une zone où, de toute
manière, personne ne veut se rendre. Le
bilan économique de cette
péréquation est positif mais il
implique à terme une réorganisation
des lignes budgétaires traditionnelles pour
chaque opérateur et donc une approche
novatrice. Enfin, la
procédure de recrutement des agents CCC
s'est effectuée conjointement par les quatre
structures postulantes, tant au niveau de l'appel
d'offre que des entretiens qui ont eu lieu à
Kayes et à Bamako. De même,
après le choix du premier groupe de
recrutés potentiels (nous devons en
identifier encore 3 autres), toutes les phases
d'approfondissement de la connaissance de chacun,
de tests supplémentaires et des
premières petites formations sommaires se
sont déroulées avec tout le monde.
D'ailleurs, le choix - pressenti lors des premiers
entretiens d'embauche - de la répartition
par Cercle des agents recrutés ne s'est fait
qu'à la fin de toutes ses étapes et
d'un commun accord. En terme de
formation des agents CCC, même s'il est
prévu de parfaire leurs connaissances au
niveau national, le groupe des quatre CCC se
réserve la possibilité de leur faire
suivre des formations plus particulières ou
plus qualifiantes, tant dans le domaine de l'appui
communal que dans celui de l'animation et ceci,
à n'importe quel moment de l'existence d'un
CCC. D'ailleurs, lors de ces formations "internes",
les cadres des structures adhérant à
la charte et agissant de facto dans les communes
seront conviés à les suivre. Il est
même probable que des formations (mise
à niveau et perfectionnement) soient
spécifiquement délivrées en
direction de ces opérateurs, la logique
étant de viser un optimal du niveau de
compétence pour compenser le faible nombre
des structures. En ce qui concerne
les formations des élus, il est
également prévu que chaque CCC
identifie les différents besoins et les
classe en fonction d'une typologie qui aura
été établie au
préalable, soit à travers les
activités de la charte, soit en interne aux
CCC (alphabétisés ou non,
connaissances décentralisation ou non avec
toutes les déclinaisons adéquates).
Un regroupement des différents groupes
identifiés sera ensuite effectué
entre les quatre CCC afin de délivrer ces
formations. Bien entendu, il n'est pas exclu que
des formations spécifiques à chaque
Cercle soient conduites en cas de besoin (cas de
Kéniéba, par exemple, où les
populations ont accumulé un énorme
retard en matière de "conscience de ce qui
se passe", ou, à l'inverse, cas de certaines
zones de Kayes où la maîtrise des
divers processus par les élus appelle des
formations beaucoup plus pointues) En terme de
financement de toutes ces formations, chaque CCC
établira dans son plan de
redéploiement une estimation des besoins
spécifiques à son Cercle
modulée des impondérables, sachant
qu'à son niveau le PADRK prévoit, en
sus de ce budget spécifique, une enveloppe
globale et souple qui sera mobilisable pour les
formations communes. Cette enveloppe est
estimée à 30 Mfcfa. On se retrouve
désormais avec un double réseau dont
les composantes sont
complémentaires. Le premier, et le
plus ancien, correspond à un cadre de
concertation classique - du moins dans sa
conception car en pratique, nous n'en connaissions
pas de fonctionnel - basé sur la
volonté de chacun d'harmoniser ses actions,
quelles qu'elles soient. Il s'agit de la charte :
mettre en commun ses expériences, ses
connaissances et ses compétences dans un
cadre de réfléxion essentiellement
thématique et pratique,
régulèrement ponctué par des
publications concises et accessibles. Cette
cristallisation sera rendue possible par la
responsabilisation d'une personne en particulier
qui animera ce dispositif. Le second,
émanation d'une réflexion au niveau
national, a trouvé à Kayes-Ouest un
substrat, favorable à son émergence,
dont il devrait tirer solidité et
cohérence. Il s'agit des CCC. A l'inverse,
ces derniers, dont le thème central - appui
à la décentralisation - est fortement
fédérateur, offrent une plus grande
légitimité à la charte, lui
assurant ainsi un gage de
pérennité. Enfin, la
volonté de la Coopération
Franco-Malienne, d'une part de s'impliquer
fortement dans cette charte de collaboration, tant
opérationnellement que financièrement
et, d'autre part de prendre en charge - à
travers le PADRK - l'ensemble du dispositif CCC des
quatre Cercles Ouest de la Première
Région, relève d'une logique
d'intervention qui a été
amorcée depuis plus de cinq ans et qui
parvient aujourd'hui à maturité. La
vocation régionale de la Cellule Migration
Développement (qui représente le
Service Française de Coopération
à Kayes) s'est, dès 1995,
focalisée sur les quatre Cercles dont il est
question aujourd'hui, pour des raisons
évidentes d'efficacité et
d'accessibilité, même si les Cercles
de Nioro, Diéma et Kita font l'objet
d'interventions occasionnelles et que le PADRK va
finalement s'impliquer dans leurs CCC en
collaboration avec KARED. Pendant ces cinq
années, de nombreux projets et études
mis en uvre par une gamme d'outils financiers
variée et à travers la mobilisation
d'un maximum d'acteurs locaux a permis d'embrasser
progressivement l'ensemble de ce territoire. Il est
désormais possible d'envisager un
développement cohérent avec une
vision "optimisée" qui s'étend du
niveau régional au niveau local.
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Même si les deux dynamiques - concertation et
décentralisation - pouvaient demeurer
parallèles, elles sont entrées en forte
synergie dans la Région de Kayes. En effet, d'un
côté, la faiblesse globale des acteurs et de
leurs moyens les a poussé à se réunir
de plus en plus régulièrement afin d'unir
leurs compétences et d'harmoniser leurs actions. De
l'autre côté, le processus national de
décentralisation était en marche et l'option
choisie par l'Etat - la mise en place de structure d'appui
aux nouvelles communes dans chaque Cercle - s'est
naturellement retrouvée au coeur des débats
entre les diverses structures de la
Région.
Ces quelques lignes sont destinées
à mieux faire appréhender la manière dont le dispositif
Charte/CCC s'est mis en place à Kayes pendant le premier semestre
2000 et dans quelle dynamique il s'inscrit. Il n'est pas question ici de
reprendre la description du processus de décentralisation, ni des
principes généraux qui ont dicté les divers appuis
dont vont bénéficier les Communes. Ils sont disponibles à
la DNCT.
De même, les détails chiffrés ou démarches qui
ont conduit chaque structure à postuler pour un CCC et la description
des transformations internes que cette décision a induit ne sont
pas présentés ici. Ils sont disponibles à la Cellule.
L'encadré qui suit correspond au document de synthèse que
la Cellule a réalisé et qui a été joint au plan
de redéploiement proposé par chaque opérateur CCC (le
Plan de Redéploiement est un document demandé par la DNCT
à chaque opérateur désirant héberger un CCC
pour expliquer comment elle se réorganise humainement, matériellement
et financièrement).
a
- Des solutions aux blocages
b
- Les objectifs et la
déontologie
c
- Le secrétariat permanent